Formation des catholiques engagés dans la politique: La mission des universités catholiques 9-11 janvier 2013

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Nous publions ci-dessous le discours d'ouverture de S.Em. le cardinal Peter Turkson à l'occasion de la Conférence de l'Association des universités catholiques des Philippines tenue à Davao City, du 9 au 11 Janvier 2013.

La conférence portait sur la mission des universités catholiques dans la formation des catholiques engagés dans la politique.

Revue de Presse
Vatican News, 9 janvier 2013 :
Aux Philippines, des sénateurs sont en ligne de mire : accusés d’avoir détourné des fonds publics destinés aux développement de leurs régions. En plein scandale dit du « pork barrel », le cardinal Turkson invite les catholiques à s’impliquer dans la vie politique. Former de bons catholiques pour qu’ils deviennent d’excellent politiques, c’est d’ailleurs la mission des universités catholiques. C’est ce qu’a affirmé le président du Conseil pontifical justice et paix en visite aux Philippines, à l’occasion de la Conférence nationale de l’Association des universités catholiques de l’archipel.
Faire de la politique, ce n’est pas négatif, mais cela le devient quand les hommes politiques laissent s’installer le scandale et la corruption. Dès lors, c’est l’image de tout le secteur qui est entachée. Voila pourquoi les catholiques s’éloignent de la vie politique. Voilà pourquoi, explique le cardinal Turkson, les hommes politiques cantonnent leur foi à leur vie privée sans la faire connaitre. Aujourd’hui, la mission de l’université catholique est de former les croyants pour qu’ils s’engagent sur le terrain politique : « le travail des étudiants devrait être dédié à résoudre les problèmes qui menacent la coexistence et le bien-être des hommes ».
Le sens des responsabilités avant tout, et la droitur
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A l’université, trois piliers. Le premier ? La recherche de la vérité qui, explique le président du Conseil pontifical, permet de « lire et d’interpréter les événements » en étant capable de « discernement », de « voir la nécessité de la justice sociale dans des contextes concrets ». Lieu de dialogue, l’université doit aider les élèves à se rendre compte que les « intérêts les plus divers peuvent contribuer au bien commun ». Deuxième pilier : les universités doivent enseigner aux dirigeants de demain le sens des responsabilités vis-à-vis des plus pauvres.
Quelques semaines après le passage du Typhon Haiyan qui a fait des centaines de milliers de sinistrés, le prélat estime que l’option préférentielle pour les pauvres doit être une priorité politique. « Les besoins des pauvres viennent avant tout processus législatif ou électoral », affirme le chef de dicastère. « Un système politique sain, poursuit-il, est au service de la vie sociale de l'homme et cherche à s'assurer que cette vie soit caractérisée par des rapports d'amour et de justice ». Troisième pilier, plus concret : l’instruction afin de former des personnes compétentes pour qu’elles soient en mesure, une fois lancées dans la vie, d’harmoniser les valeurs spirituelles et les sciences, les techniques et leur profession.